8 Questions avec Alice Gros

Auteure du livre "Ma résilience"

Santé/Bien-être

2020-11-02

Échange du 8 Octobre avec Alice Gros

À l’occasion d’Octobre Rose, YogHiit souhaite sensibiliser sa communauté non seulement au cancer du sein, mais au cancer de manière générale ! Nous avons fait la rencontre d’Alice Gros, une survivante de cancer et auteure de “Ma Résilience”. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions :

Comment présenterais-tu ce livre ?

J’ai 31 ans et j’ai écrit ce livre l’année dernière. Je dirais qu’il décrit l’épreuve du cancer, ce que ça m’a appris. La résilience est le thème principal. Ce livre exprime l’importance de savoir prendre du recul, que même si la vie est dure, elle nous apprend pleins de choses comme l’amour de soi et l’écoute de son corps. J’essaye de voir la positivité au quotidien. J’ai écrit “Ma Résilience” sous forme de chapitres : la perte de cheveux, la gestion du stress, la douleur, l’apprivoisement de son corps, etc.

J’y décris mon histoire et comment les choses se sont passées quand j’ai appris que j’étais malade. Mon livre raconte non seulement mon expérience en tant que malade mais aussi en tant qu'accompagnant. Être malade et être aux côtés de quelqu’un de malade, sont deux expériences bien distinctes et différentes. Personnellement j’ai trouvé cela plus dure d’accompagner quelqu’un de malade que de l’être moi-même. Je me suis sentie impuissant, tu as de la peine pour l’autre et tu te demandes si la personne a peur, mal… ?

Quelle est l’histoire derrière le titre "Ma résilience" ? Quelle en est l'inspiration ?

Alors j’ai longtemps réfléchi au titre que j’allais choisir, puis c'est venu comme une évidence. Ce titre est en lien avec ma philosophie de vie. La résilience décrit la capacité d'un individu à supporter psychiquement les épreuves de la vie. Il s’agit d’une capacité qui lui permet de rebondir, de prendre un nouveau départ après un traumatisme. On peut se reconstruire et ne pas rester triste ; d’où le terme être résiliente.

La couverture du livre est-elle en lien avec le titre ?

La résilience dans le monde d’Asie est liée au vase Kintsugi. Il s’agit d’un vase en porcelaine cassée et recollé avec de l’or pour le rendre encore plus solide qu’avant. Il y a donc comme des cicatrices en or qui décore le vase. C’est cela que j'ai voulu transmettre avec la couverture de mon livre. J’ai peint des traits en or sur mon corps, pour représenter toutes mes cicatrices qui sont ma force aujourd’hui. Vous pouvez en lire plus sur l’histoire du Kintsugi ici : https://esprit-kintsugi.com/en/

Qu'est-ce qui t'as donné envie d'écrire ce livre ? As-tu démarché les maisons d’éditions ?

Ça s’est passé en plusieurs étapes. J’écrivais déjà pendant que j’étais malade. J’ai été suivie pendant 15 ans et mon dernier rendez-vous était il y a deux ans. Après ça, j’ai senti comme un vide, un besoin de tirer le bilan. C’est à ce moment-là que je me suis focalisée davantage sur l’écriture car tout était déjà prêt dans ma tête. J’ai écrit très rapidement. Il y a donc eu deux étapes. Tout d’abord j’ai fait une campagne de crowdfunding qui m’a permis de produire 200 imprimés. J’ai eu de bons retours, des personnes qui disaient que c’était formidable ! Alors je me suis lancée dans la vraie édition, j’ai fait un communiqué de presse. Un agent m’a conseillé une plateforme d’autoédition : Livrinova. Ils proposent des services à la carte, vente en ligne, couverture, etc. J’ai donc été accompagnée par eux, et voilà !

Était-ce un livre difficile à écrire ? Quelles émotions avez-vous ressenti lors de son écriture ?

C’est très courant de penser que je suis triste ou que j’ai été triste. Le plus dur n’était pas de vivre la maladie en elle-même, mais plutôt de vivre la partie d’aujourd’hui, le “après”. J’ai dû faire le deuil de la personne que j’ai accompagnée malade mais aussi faire le deuil de ma propre maladie. J’ai consulté un psychologue pour ne plus avoir peur de demain. Quand tu es suivie tout le temps du côté médical et qu’on t’annonce d’un coup que tu es guéri, tu perds un sens de contrôle. Tu es lancé dans la vie mais avec de la peur. Tu appréhendes la nouvelle vie après la maladie. Pour conclure : je ressentais plus de la culpabilité envers mon entourage en étant malade que de la tristesse. Je n’ai globalement pas de mauvais souvenirs, j’ai eu un entourage et des parents formidables qui m’ont aidée à avancer.

Que souhaites-tu transmettre à travers ce livre ?

Le point final du livre résume un peu tout le but du livre. “Ma Résilience” commence par une écriture d’enfant et petit à petit se transforme en une écriture d’adulte. Il y a tout un travail de pourquoi ça ne va pas qui a été fait. Souvent on garde la tête dans le guidon, et après ça on explose. À travers ce livre, j’ai pu comprendre mes émotions et les exprimer non seulement à mon entourage mais à tous les lecteurs de ce livre et aujourd’hui je croque la vie à pleine dents et je suis heureuse à 100%.

Que donneriez-vous comme conseil aux malades ou aux accompagnants de cancer ?

La situation a déjà assez de pression, donc il ne faut pas en ajouter. On veut souvent en faire plus, ne pas craquer, rester fort...Mais il faut accepter que l’on soit fatigué, qu’on a le droit de craquer, de souffler. En étant malade, je conseillerai de faire appel à ses proches et parler pour se sentir mieux. Communiquer ses peurs et ses appréhensions ! Que ce soit en tant que malade ou en tant qu’accompagnant, il faut avoir espoir, être confiant et profiter de chaque jour. Vivre au mieux les jours qui passent !

Comment liez-vous la maladie et le sport ?

Oui donc pour expliquer, j’ai été suivie 15 ans et au bout de 5 ans j’étais guérie. Et en fait, pendant 10 ans je suis suivi pour tout ce qui est par exemple en lien avec la chimio. Mon corps a énormément changé quand j’étais malade. J’ai perdu de poids puis pris du poids. J’étais fatigué, faible et mon corps a été mis de côté, ce qui est dommage. Cela a fait que je n’avais pas confiance en moi.
Mais cela fait maintenant 7 ans que je fais de la musculation ! J’ai tout d’abord commencé la muscu en salle car tout le monde y allait. Je courais sur le tapis et un coach s’est approché. Il m’a proposé d’essayer et j’ai adoré ! Donc j’ai commencé avec ce coach et j’ai complétement changé. Mon était d’esprit a changé, j’ai réalisé les capacités de mon corps. Je maîtrisais mon corps et je ne voulais plus le laisser dans l’abandon. Le sport fait maintenant partie intégrante de mon hygiène de vie. Je suis fière et j’aime mon corps. J’ai accepté la fatigue, vous savez...la “bonne” fatigue !
J’adore le concept de “Chacun son Everest”. Ils amènent à Chamonix des enfants malades afin qu’ils puissent discuter et vivre des moments ensemble. J’ai participé à ce projet et c’est là-bas que j’ai compris que je n’étais pas seule en fait, je me suis sentie comprise car on avait tous vécu à peu près la même chose. On mettait des mots sur ce qu’on vivait. Ils m’ont redonné confiance et je suis rentrée différente de cette expérience. Je voyais ces enfants forts et souriants...et je me suis rendu compte que je l’étais aussi, je faisais partie d’eux. Vous pouvez en lire plus sur ce projet ici : http://www.achacunsoneverest.com/

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https://www.librinova.com/librairie/alice-gros/ma-resilience

Retrouvez Alice sur son Instagram : @alicgros

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